Introduction
En réponse au souci global pour un continent engagé, ICRISAT a continuellement augmenté ses investissements et a poursuivi ses engagements envers l'Afrique subsaharienne. Même en 2000, malgré les financements serrés pour la recherche et le développement agricole internationaux. Le processus a impliqué une analyse humaine critique des ressources financières et physiques, guidé par des stratégies et des priorités développées dans un dialogue avec nos partenaires du continent. Cette brochure décrit le renouvellement de l'ICRISAT en Afrique subsaharienne incluant les innovations, les partenariats stratégiques et les impacts qui ont aidé le continent le plus pauvre des pauvres.
ICRISAT en Afrique subsaharienne
ICRISAT se concentre sur les tropiques semi-arides se situant au cœur du continent africain. La zone habite 80 millions de pauvres producteurs ruraux gagnant leur vie de l'agriculture pluviale, l'élevage et de maigres profits provenant de d'autres activités génératrices de revenus. Ils se classent au bas de l'Index de Développement Humain, un indicateur de qualité de vie contrôlé par le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD). ICRISAT travaille les cultures de base des pauvres, à savoir : le sorgho, le mil, l'arachide, le pois chiche et le pois cajan. La cible a été élargie pour favoriser les occasions de revenus par les arbres fruitiers, les légumes et les cultures spécialisées. Pour surmonter ce défi, ICRISAT travaille depuis plus de 30 ans avec ses partenaires à l'amélioration des systèmes agricoles pluviaux en Afrique subsaharienne.
Dialogue et partenariats stratégiques
ICRISAT croit que son programme en Afrique subsaharienne doit être basé sur les besoins et guidé d'une vision bien définie. Ainsi, en 2001, ICRISAT a effectué une grande consultation régionale. Depuis lors, ICRISAT et les institutions régionales ont été engagés dans les débats stratégiques de chacun, y compris ceux du Forum pour la Recherche Agricole en Afrique (FARA), du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD), du Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricole (CORAF), de l' Association for Strengthening Agricultural Research in Eastern and Central Africa (ASARECA), et de la Communauté de développement de l'Afrique australe / produits alimentaires, agriculture et ressources naturelles (SADC/FANR).
La cinquième évaluation externe du programme de l'ICRISAT (EPR) en 2003 a recommandé le renforcement des programmes en Afrique subsaharienne. Le Conseil d'administration de l'ICRISAT a donc formé un comité spécial incluant les partenaires mentionnés ci-haut ainsi que les partenaires au développement et les Instituts nationaux de recherche agricole (INRA), pour appuyer l'Institut à tracer une nouvelle vision et stratégie jusqu'en 2010. La stratégie de l'ICRISAT est dorénavant adaptée au Programme global de développement agricole de l'Afrique du NEPAD et aux initiatives de l'Union africaine, la Commission Économique pour l'Afrique, le InterAcademy Council du Secrétaire général des ONU et les Objectifs de développement du millénaire des Nationas-Unies.
De son coté, le Groupe Consultatif sur la Recherche Agricole Internationale (CGIAR), qui soutient ICRISAT, a évalué aussi ses programmes, sa structure, ayant comme résultat la volonté de rationaliser ses efforts et d'augmenter son efficacité en Afrique subsaharienne. ICRISAT harmonisera son processus d'interventions en Afrique subsaharienne avec les nouvelles décisions du CGIAR comme jonctions avec les autres institutions ciblées en Afrique occidentale et australe et développera son Plan régional (moyen terme) avec les autres Centres CG et partenaires. Cela fait partie de l'initiative du Réseau ‘'Future Harvest'' du CGIAR où l'ICRISAT joue un rôle de leader actif à ce jour.
Collaboration et synergie en l'Asie et l'Afrique subsaharienne
Établi comme un institut international de recherche agricole basé en Inde, l'ICRISAT optimisait toujours l'équilibre, la complémentarité et la synergie entre son travail en Asie et en Afrique subsaharienne. Dans ses débats de stratégie suite à l'évaluation externe de son programme, ICRISAT a noté que les défis auxquels, faisant face l'Afrique subsaharienne exigeaient une perspective holistique. De là, l'institut a adopté une approche de gestion intégrée des ressources naturelles et génétiques (IGNRM). La IGNRM traite le matériel génétique comme partie intégrante d'une grande toile de ressources biophysiques qui doivent être intégrés simultanément dans la recherche.
En Asie, les INRA font face aux défis de gestion des ressources naturelles. Ainsi, l'ICRISAT peut favoriser une majoration stratégique des ressources génétiques végétales. Cette majoration du matériel génétique complémente fortement son travail de IGNRM en Afrique subsaharienne. Voici quelques exemples de bénéfices obtenus de la synergie et la collaboration Asie-Afrique subsaharienne:
- L'expertise en biotechnologie de l'ICRISAT en Asie contribue à la nouvelle initiative en biotechnologie BECA en Afrique australe.
- L'Afrique du Sud évaluera les arachides transgéniques résistantes à la rosette développées à ICRISAT-PATANCHERU.
- La technique immunologique avancée ELISA développée à ICRISAT-PATANCHERU appuie le Malawi à empêcher la contamination en aflatoxine des arachides pour l'exportation au Royaume-Uni.
- Le mil africain aide l'Inde à combattre le mildiou et crée des hybrides à haut rendement Okashana 1 provenant de croisements entre des variétés de l'Afrique subsaharienne et de l'Inde et ayant eu un immense impact en Namibie.
- Des équipes de gestion des bassins versants d'ASARECA et du Conseil indien de la recherche agricole échangent des visites et des connaissances générées par ICRISAT.
- L'expertise indienne en technologies de l'information et de la communication est partagée avec l'Afrique occidentale à l'initiative de l'Académie Virtuelle pour les Tropiques Semi-arides (VASAT), initiée par l'ICRISAT.
Investissements dans les ressources humaines
Les chercheurs sont l'élément vital de l'ICRISAT. Tandis que le nombre réel de chercheurs de l'ICRISAT a changé au cours des dix dernières années, la proportion relative à l'Asie a augmenté en Afrique subsaharienne. Le financement de nouvelles positions a été un grand défi. Des baisses importantes dans l'appui des bailleurs de fonds du CGIAR depuis le milieu des années 1990 ont forcé des compressions budgétaires significatives à l'ICRISAT. Malgré cela, ICRISAT a continué à augmenter le nombre de chercheurs en Afrique subsaharienne (présentement 34 chercheurs) grâce aux projets spéciaux.
Investissements financiers
Dans la gestion de l'ICRISAT, le Conseil d'administration a demandé à l'Institut d'investir 50 % de son financement de base et 60 % de ses ressources brutes à l'Afrique subsaharienne avant 2006. Les chiffres démontrent clairement le progrès effectué.
Gestion décentralisée
Un autre aspect du renouvellement de l'ICRISAT en Afrique subsaharienne a été la décentralisation de la gestion aux régions occidentale et australe. Les directeurs ont été nommés pour chaque sous-région et assignés à de véritables responsabilités et autorité. Cela permet à l'Institut de répondre plus facilement aux priorités régionales et procure un meilleur profil pour amorcer un dialogue avec ses partenaires. Un comité global de recherche fournit un forum pour les discussions et l'intégration d'activités thématiques à travers les régions. Les cadres régionaux lient les plans de travail à des objectifs et des priorités de niveau plus élevé. Pour consolider la nouvelle structure régionale, des activités favorisant le sentiment d'appartenance et le travail d'équipe sont en cours. Les connexions Internet aux centres régionaux de l'ICRISAT en Afrique subsaharienne sont aussi améliorées afin de faciliter la communication.
Impacts et chemin à venir
Le renouvellement de l'ICRISAT en Afrique subsaharienne porte fruit. Les variétés améliorées atteignent les producteurs pauvres. Des nouveaux choix de cultures et les liens créés vers de plus grands marchés leur permettent de sortir du cercle vicieux de la pauvreté. Les INRA ont été considérablement renforcés et les résultats de recherche sont partagés plus efficacement avec les bénéficiaires. Les partenariats sont plus solides et interdépendants. Malgré cela, l'ICRISAT en Afrique subsaharienne est toujours une priorité des plus importante. De plus, il poursuivra implacablement sa transformation comme le premier centre d'excellence scientifique dans les tropiques semi-arides de l'Asie et l'Afrique subsaharienne.